lundi 11 octobre 2010
vendredi 2 juillet 2010
DISQUES DU MOIS : FLIGHT + HOME BLITZ + GRAFFITI ISLAND + THE ART MUSEUMS
FLIGHT Ghosts 7’ (Plastic Spoons)
Plastic Spoons, tout nouveau label parisien, sort coup sur coup une demi-douzaine de 45t dont cet excellent Flight, impeccable à tous niveaux : réalisation/pressage/son.
J’avais émis une toute petite réserve sur le premier 45t de ce one man band du Mississippi, mais là, c’est parfait. Les deux titres sont dépouillés, directs et les nombreuses influences originelles (glam/psyché/garage/cold/indie/lo-fi) sont boulottées pour former un bon gros tout, alors que le traitement de la voix créé la spécificité : gras, puissant et mélodique à la fois.
Fans de The Intelligence et compagnie, voici votre nouveau groupe préféré.
HOME BLITZ Perpetual Night 7' (Almost Ready)
Je confirme tout le bien que j’ai dit de Home Blitz et de son album sur Gwardeath TV et dans Noir de cou #2. Même si le bonhomme part un p’tit peu moins en sucette sur ce nouveau 45t, sa force de composition reste intacte.
Toujours ce mix Jonathan Richman/The Homosexuals : frais, touchant, un poil bancal mais malgré tout conquérant, pour un gros mix d’influences power pop/glam/garage-punk/lo-fi joyeusement recrachées à la face d'un underground qui ne lui arrive pas à la cheville.
Super morceau en face A qui finit exactement sur le même accord que le début d'Antisocial de Trust (la classe !). Super reprise des Searchers (Murder in my Heart) en face B.
GRAFFITI ISLAND Pet Snake 7' (Fin du monde)
Le renouveau du punk décomplexé pourrait bien venir d’Angleterre. Je pense aux Pheromoans, à Human Race, à Hygiene, au label Savoury Records et à tous leurs copains. Les ombres de The Fall, du 80’s DIY punk et d'un milliard d’autres trucs planent dangereusement sur ces micro scènes qui m’excitent grave et qui ont pour point commun la totale abnégation de l'élément "chant".
Les Graffiti Island ne sont pas en reste et font même figure d’outsiders de la mort, versant limbo power. En face A, deux titres rognés jusqu’à l’os pour les plus ténébreux et désinvoltes d'entre tous. Une peau de bête en face B.
THE ART MUSEUMS Rough Frame LP (Woodsist Records)
« Les Art Museums SONT dans l’art, la poésie, les disques de Wham ! et les films de mods… Les Art Museums NE SONT PAS dans les pantalons pattes d’éph, les filtres à café et les baskets crados. » (bio du label)
Les Arts Museums auraient pu tomber dans la catégorie mignons/hipsters/têtes à claques revivalistes, mais non. Ils s’en défendent même. Deux mecs qui revisitent « à l’américaine » l’indie-pop 80’s lo-fi façon Television Personalities et consorts, avec la spontanéité nécessaire mais aussi suffisamment de recul pour faire quelque chose de cool et sans prétention, sympathiquement cheap et un p’tit peu décalé, à l’image de la pochette du disque qui confère au génie.
lundi 14 juin 2010
MONOTONIX + UP YOURS @ St-Ex - 30/05/10
Cedge + 2 mecs de Monotonix
Ca fait des plombes que mon pote Cedge me parle des israéliens de Monotonix et de leurs concerts abracadabrants. Il les a programmé y a 2/3 ans dans un pub sur trois niveaux à Bristol.
Ce soir là, le chanteur est descendu jusqu’au sous-sol en plein concert pour récupérer la poubelle des chiottes et la remonter jusqu’au premier étage avant de la retourner sur la tête du batteur. Sauf qu’il n’avait pas prévu que le batteur se retrouverait avec un tampax dégoulinant de sang dans la bouche. Dégueu.
Mais commençons par le commencement. D’un point de vue strictement musical, la formule Monotonix est déjà efficace à la base : batterie-guitare-chant, heavy-rock 70’s qui tire vers la noise, particulièrement en live. Mais l’essentiel n’est pas là puisqu’il s’agit d’un spectacle avant tout, vous l’aurez compris.
Déjà le look des mecs : de bonnes tronches avec des grosses tignasses et des barbouzes filasses, des poils partout et des minishorts pour mettre tout ça en valeur.
Puis la gestion de l’espace : les trois types se déplacent avec leur matos toutes les cinq minutes dans la cave du St-ex qui doit faire, allez, 100m2 à tout casser, foulant chaque parcelle de ce micro-terrain, parcourant des centaines de mètres en distance cumulée, n’hésitant pas à mettre le public à contribution pour la manut'.
Ce qui créé des mouvements de foules incessants, imprévisibles, et évite tout positionnement confortable puisque les spectateurs les plus éloignés peuvent très vite se retrouver en première ligne, projetés sous l'aisselle du sympathique mais abominable chanteur.
Ce qui nous emmène au troisième point. L’alpaguage du péquin lambda qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Le chanteur de Monotonix, c’est ce clown qui balaie du regard la foule dans les rangs du chapiteau afin d'y piocher un pigeon pour lui faire des misères. Celui qui vous tombe dessus alors qu’il sent bien dans votre regard que vous n’étiez pas très chaud-chaud…
Mais l’alpaguage est fun et contrôlé, les Monotonix sont pros et ils respectent leur public, ils l‘affectionnent même.
Le genre de prestation comme on ne voit pas souvent en tout cas, et ceux qui n'étaient pas là peuvent bien se bouffer les coucougnettes...
Mais le concert de Monotonix n’aurait peut-être pas été ce qu’il a été si on n’avait pas eu les Up Yours en première partie pour secouer et préparer le public, bien mollasson en début de soirée de fin de week-end, il faut l'avouer.
On parle souvent des Up Yours de Bordeaux (c'est des potes, ils sont cools) comme s’ils étaient morts "artistiquement" dans les années 90, mais je ne saurais dire s’il faut limiter leur style à cette période. Style difficile à décrire d’ailleurs, pour moi en tout cas : noise-punk-post-hardcore légèrement jazz-core ?
Tout ce que je peux dire, c'est qu’ils mettent du cœur à l'ouvrage et développent une bonne énergie pour des semi-vieux, y a pas à tortiller. Y a aussi des breaks dans tous les sens alternés à des plans straight-punk efficaces, et une bonne dynamique structurelle en général qui propulse bien le truc. Et puis c’est pas les derniers pour la déconne, ce qui ne gâche rien… Non, vraiment, c'était une bonne soirée.
En bonus, voici quelques photos supplémentaires des Up Yours lors du vernissage de Tanxxx à Total Heaven. L'expo est toujours en place, allez donc y faire un tour...
samedi 5 juin 2010
Reports « spécial banlieues » :
THE OH SEES @ Fête de l’Huma – Villenave d’Ornon (21/05/10)
SEMI PLAYBACK + BITTERCHUPCHUPWELOSE + GREGALDUR + UNLOGISTIC @ Derrière l’Usine – Castelfranc (22/05/10)
J’ai une sensibilité de gauche doublé d’une éducation vaguement de droite – mes parents étaient des petits commerçants, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise. Je n’avais donc jamais fait la fête de l’Huma jusque-là. Interdiction formelle.
Mais parce qu’il faut faire de nouvelles expériences de temps en temps et parce que je suis un grand garçon maintenant, j’ai enfourché mon vélo tout pérave accompagné de ma belle pour aller voir le communisme de plus près, au risque de se faire faucher plusieurs fois sur la route par des banlieusards pressés de rentrer dans leurs pavillons. Le flip.
Finalement, j’ai trouvé ça sympa, la fête de l’Huma. J’y ai croisé des collègues de boulots qui m’ont fait des clins d’œil entendus, genre « toi aussi tu en es ? ». Clins d’œil auxquels j’ai répondu par de légers clignements de cils, puisque c’est pas demain la veille que je prendrai ma carte à un parti, quel qu’il soit. Même si j’ai signé une pétition dans un moment d’égarement, même si j’ai apprécié la sympathitude du communiste à la fraiche qui ratisse gentiment pour sa paroisse.
Crane Angels
Vu quelques chouettes concerts aussi, à la fête de l’Huma : les locaux des Meatards, Crane Angels, Fatty & Shorty Ramones et les Magnetix. Mais le top, c’était quand même les Oh Sees. Y a pas à dire, l’Amérique, dès qu’on touche à la musique blues, c’est toujours vachement mieux et ça éclipse tout le reste.
Thee Oh Sees
Après, je suis hyper fan de John Dwyer depuis tout petit (Oh Sees, Pink & Brown, les Coachwhips et même ses projets les plus obscurs comme les Yikes). Donc le voir, c’était pas rien, et j’ai pas été déçu. Tension, énergie, sobriété et humilité. The hardest working man in show business, mon petit James Brown tatoué en short à moi, mais à sa façon. Matez donc la vidéo filmée par 3D Live Music (Facebook) :
En parlant de drôle de cocos, le lendemain, je suis allé rendre visite à mes potes de Derrière l’usine, bicoque à concerts située à la sortie de Castelfranc, un charmant village du Lot. Un lieu très accueillant, des gens hyper relax, où je n’ai passé que des soirées exceptionnellement à la coule.
Semi Playback
Premier concert : Semi Playback. Leur math-rock/émo/pop a sensiblement évolué depuis le premier disque, plus nerveux et direct (allez donc jeter un œil sur cette chronique de leur nouvel album sorti chez A tant rêver du roi).
Mais leur musique reste positivement communicative et hyper technique sans être relou ni réellement démonstrative. C’est juste qu’ils sont balèzes, c’est plus fort qu’eux. Imaginez deux gamins élevés dans une ludothèque et dans laquelle on aurait remplacé tous les Okapi par des Guitar Part et des Batteur magazine…
Gregaldur
Deuxième concert : Gregaldur, tout bourré à la sortie du bistro après le match à la télé. Gregaldur qui fait un peu n’importe quoi (c’est pas tout le temps le cas apparemment, mais j’en doute), sautillant d'un pas mal assuré d'une pédale à l'autre et maltraitant le clavier de son ex (il le répète un bon paquet de fois, je sais pas ce qu’elle lui a fait…).
Un vrai maelstrom sonique et sportif à la fois, il court dans tous les sens comme un dératé sur une musique super épileptique plutôt difficile à décrire. Certains auditeurs se plaindront à l’organisation, prétextant que Fluxus et le Dadaïsme, c’est mort et enterré. Ahaha. C’est bien drôle en tout cas.
BitterChupChupWeLose
Troisième concert : BitterChupChupWeLose, le nouveau groupe d’Anthony (de Semi Playback), Sébi (des Yves), Ben (de Slogan) et Gouze, petit nouveau qui n’avait chanté dans aucune formation jusque-là et qui s’en ai fort bien tiré. Chapeau mec.
BitterChupChupWeLose (« Sucette amère, sucette on perd » en français, je vous laisse méditer le jeu de mot), c’est une sorte stoner/hardcore avec un peu les même caractéristiques que Semi Playback : technique, bossé et bien branlé, mais bien plus lourd et evil.
Impressionnant pour un premier concert, même si on leur a fait remarquer qu’il fallait maintenant accorder le jeu de scène à la musique… Ils devraient sortir leur premier LP cet été et faire quelques concerts à droite à gauche. Allez les voir, c’est bonnard.
Nono la Brocante, patron de Derrière l'usine
Unlogistic, enfin, que l’on découvre avec un vrai batteur (Camille de Semi Playback) après dix ans de boite à rythme. Hardcore mélo old school toujours. Ces intarissables adolescents ont l’air un peu fatigués mais ils gardent la pèche, tout au fond, et ça c’est apprécable.
Toujours aussi funs pour le peu que j’en vois puisqu’à ce moment là, je me prépare au bar pour mon DJ set qui doit clôturer la soirée et dont je ne saurais parler puisque j’aime pas trop parler de moi.
mardi 1 juin 2010
SIC ALPS A PARIS !
Inch'Allah Records et We Want Your Mind ! organisent un concert des Sic Alps samedi à Paris avec Crash Normal en première partie. Si vous êtes dans le coin (pour la Villette sonique, par exemple ?), n’hésitez pas à faire un crochet par le Gambetta, ça risque de valoir le coup.
Sic Alps à L'inca fin 2008
Sic Alps, c’est deux mecs de San Francisco, Mike Donovan (ex-Yikes, etc.) et Matt Hartman (ex-Coachwhips, Total Shutdown, Cat Power, etc.) qui expérimentent autour de la musique psychédélique. Voici une chronique de leur album US E.Z. (Siltbreeze Records, 2008) parue dans Noir de cou #1 :
« Sic Alps, c’est l’autre pays de la réverb’ : les mélodies enivrantes et les chemins escarpés de la musique folk psychédélique (Syd Barrett, tu entends ?), la puissance et l’aridité des gros accords du blues, le crachin bruitiste et les points de ruptures de la musique expérimentale, le tout mitonné sur un réchaud au fin fond d’un garage lo-fi… Je suis autant sous le charme que sous le choc, à me demander ce que j’ai bien pu branler pendant toutes ses années, alors que cet excellent duo US sortait une demi-demi-douzaine d’albums qui me sont complètement passés sous le nez… »
Vous voyez le topo. Je les avais vus à Bordeaux fin 2008, et j’avais trouvé ça top. Cedge, mon pote de Bristol, les a croisé le mois dernier au All Tomorrow’s Parties de Pavement et m’a confirmé que c’était toujours aussi cool. Ils jouaient d’ailleurs avec un troisième mec, un des types de Comets on Fire…
vendredi 14 mai 2010
VIDEO DAY 2 : THE BOO JAYS - THE SOFT PACK - THE BOILERS - THE DESCENDENTS
vendredi 7 mai 2010
FLOTTANTE TENSION D'ECLIPSE LP + YOUNG GOVERNOR 45t
FLOTTANTE TENSION D'ECLIPSE - TEN YEARS OF SDZ RECORDS Compilation LP (SDZ)
La compilation est un exercice casse-gueule pour le commun des mortels mais pas pour l'équipe SDZ, non, non, non, qui fête dignement ses dix ans d'activité (fanzine + label) avec cette sélection qualitative et fort bien empaquetée de musique souterraine d'aujourd'hui.
Une douzaine de titres inédits, récents pour la plupart, de groupes internationaux d'obédience dark-post-punk-garage et boite-à-rythme, qui devraient ravir les amateurs des productions Born Bad, In the Red, Sweet Rot, etc.
Bien sûr, qui dit compile dit qu'on peut pas tout aimer à 100%, question de goût. Perso mon compte est bon, ne serait-ce que pour les quelques valeurs sûres et bonnes surprises qui ponctuent et justifient définitivement l'achat de cette compile.
Je pense aux tontons de The Feeling of Love et Cheveu, au garage catchy de Toddy Wellman, au post-punk groovy des Dead Clodettes, au punk-rock tendu des Anteenagers M.C (avec le chanteur des mecs de Frustration), sans oublier The Rebel (le mec des Country Teasers qui se la joue hyper soft pour une fois) et Pierre & Bastien dont le R.M.I. pourrait bien entrer au Panthéon à clous de ces hymnes punks désinvoltes à la Fier de ne rien faire des Olivensteins ou Le bon style des noirs des Creteens...
Restent les O Voids, Daily Void, Alan Courtis, Brain Damage, Electric Bunnies et Posadzki Project qui se laissent écouter entre deux moments de surbrillance... On doit cette sélection à Max Dembo qui fait aussi d'excellentes chroniques de disques dans le zine Crudités numéro 3 qui vient de paraître...
YOUNG GOVERNOR Summer Girl 7' + livre (Sleep City)
On vous parle souvent de Young Governor, projet solo du guitariste tout feu tout flamme de Fucked Up qui, pour faire simple, se situe quelque part entre Jay Reatard, Les Savy Fav et les Descendents (= garage/post-hardcore/pop).
Le canadien vient de sortir coup sur coup trois nouveaux 45t dont celui-ci sur un label portugais. Plus qu’un simple 45t, c’est un véritable disque-objet qu’on a là, livré avec un épais recueil d'illustrations et de photos surexposées sur le thème des vacances au soleil, au format A5/dos carré tout dégoulinant de colle mais joliment cheap en dedans comme en dehors…
Côté musique, en face A, rien de bien nouveau sous les tropiques puisque le titre Summer Girl figurait déjà sur le EP Hidden Love. Un titre revu à la baisse de tempo, avec une production légèrement plus propre et des cuivres en supplément qui donnent un p’tit côté «ferias de Dax» au morceau. Une version light et ensoleillée d’un excellent titre à la base...
En face B, c'est un peu la même puisqu’il s’agit d’une reprise des Fucked Up intitulée I Hate Summer. Reprise sympathique mais plus dispensable que la face A, comme souvent sur ce type de format court.





































