Reports « spécial banlieues » :
THE OH SEES @ Fête de l’Huma – Villenave d’Ornon (21/05/10)
SEMI PLAYBACK + BITTERCHUPCHUPWELOSE + GREGALDUR + UNLOGISTIC @ Derrière l’Usine – Castelfranc (22/05/10)
J’ai une sensibilité de gauche doublé d’une éducation vaguement de droite – mes parents étaient des petits commerçants, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise. Je n’avais donc jamais fait la fête de l’Huma jusque-là. Interdiction formelle.
Mais parce qu’il faut faire de nouvelles expériences de temps en temps et parce que je suis un grand garçon maintenant, j’ai enfourché mon vélo tout pérave accompagné de ma belle pour aller voir le communisme de plus près, au risque de se faire faucher plusieurs fois sur la route par des banlieusards pressés de rentrer dans leurs pavillons. Le flip.
Finalement, j’ai trouvé ça sympa, la fête de l’Huma. J’y ai croisé des collègues de boulots qui m’ont fait des clins d’œil entendus, genre « toi aussi tu en es ? ». Clins d’œil auxquels j’ai répondu par de légers clignements de cils, puisque c’est pas demain la veille que je prendrai ma carte à un parti, quel qu’il soit. Même si j’ai signé une pétition dans un moment d’égarement, même si j’ai apprécié la sympathitude du communiste à la fraiche qui ratisse gentiment pour sa paroisse.
Crane Angels
Vu quelques chouettes concerts aussi, à la fête de l’Huma : les locaux des Meatards, Crane Angels, Fatty & Shorty Ramones et les Magnetix. Mais le top, c’était quand même les Oh Sees. Y a pas à dire, l’Amérique, dès qu’on touche à la musique blues, c’est toujours vachement mieux et ça éclipse tout le reste.
Thee Oh Sees
Après, je suis hyper fan de John Dwyer depuis tout petit (Oh Sees, Pink & Brown, les Coachwhips et même ses projets les plus obscurs comme les Yikes). Donc le voir, c’était pas rien, et j’ai pas été déçu. Tension, énergie, sobriété et humilité. The hardest working man in show business, mon petit James Brown tatoué en short à moi, mais à sa façon. Matez donc la vidéo filmée par 3D Live Music (Facebook) :
En parlant de drôle de cocos, le lendemain, je suis allé rendre visite à mes potes de Derrière l’usine, bicoque à concerts située à la sortie de Castelfranc, un charmant village du Lot. Un lieu très accueillant, des gens hyper relax, où je n’ai passé que des soirées exceptionnellement à la coule.
Semi Playback
Premier concert : Semi Playback. Leur math-rock/émo/pop a sensiblement évolué depuis le premier disque, plus nerveux et direct (allez donc jeter un œil sur cette chronique de leur nouvel album sorti chez A tant rêver du roi).
Mais leur musique reste positivement communicative et hyper technique sans être relou ni réellement démonstrative. C’est juste qu’ils sont balèzes, c’est plus fort qu’eux. Imaginez deux gamins élevés dans une ludothèque et dans laquelle on aurait remplacé tous les Okapi par des Guitar Part et des Batteur magazine…
Gregaldur
Deuxième concert : Gregaldur, tout bourré à la sortie du bistro après le match à la télé. Gregaldur qui fait un peu n’importe quoi (c’est pas tout le temps le cas apparemment, mais j’en doute), sautillant d'un pas mal assuré d'une pédale à l'autre et maltraitant le clavier de son ex (il le répète un bon paquet de fois, je sais pas ce qu’elle lui a fait…).
Un vrai maelstrom sonique et sportif à la fois, il court dans tous les sens comme un dératé sur une musique super épileptique plutôt difficile à décrire. Certains auditeurs se plaindront à l’organisation, prétextant que Fluxus et le Dadaïsme, c’est mort et enterré. Ahaha. C’est bien drôle en tout cas.
BitterChupChupWeLose
Troisième concert : BitterChupChupWeLose, le nouveau groupe d’Anthony (de Semi Playback), Sébi (des Yves), Ben (de Slogan) et Gouze, petit nouveau qui n’avait chanté dans aucune formation jusque-là et qui s’en ai fort bien tiré. Chapeau mec.
BitterChupChupWeLose (« Sucette amère, sucette on perd » en français, je vous laisse méditer le jeu de mot), c’est une sorte stoner/hardcore avec un peu les même caractéristiques que Semi Playback : technique, bossé et bien branlé, mais bien plus lourd et evil.
Impressionnant pour un premier concert, même si on leur a fait remarquer qu’il fallait maintenant accorder le jeu de scène à la musique… Ils devraient sortir leur premier LP cet été et faire quelques concerts à droite à gauche. Allez les voir, c’est bonnard.
Nono la Brocante, patron de Derrière l'usine
Unlogistic, enfin, que l’on découvre avec un vrai batteur (Camille de Semi Playback) après dix ans de boite à rythme. Hardcore mélo old school toujours. Ces intarissables adolescents ont l’air un peu fatigués mais ils gardent la pèche, tout au fond, et ça c’est apprécable.
Toujours aussi funs pour le peu que j’en vois puisqu’à ce moment là, je me prépare au bar pour mon DJ set qui doit clôturer la soirée et dont je ne saurais parler puisque j’aime pas trop parler de moi.











Magnetix et les Oh Sees, meilleurs concert de la Villette Sonique parisienne de ce week end ! Merci de m'avoir fait découvrir Sic Alps, je n'étais pas déçue samedi soir !
RépondreSupprimerHé bé ça fait très plaisir ce que tu me dis là Eva, vraiment... Merci, merci ! Et super content que ces groupes t'aient plu, j'ai l'impression d'être moins dégoûté de les avoir loupé !
RépondreSupprimerJe sais que monsieur "noir de coup à boire" n'aime pas trop parler de lui et de ses performances, mais de l'avoir parmi nous ce soir là, et les bières trop vite éclusées qu'il nous a permis d'évacuer avec son dj set irréprochable comme d'habitude, forcent une révérence qu'il m'est encore difficile de faire 3 semaines après l'évènement (fautes de courbatures sévères d'une dancing queen sur le déclin)....We love you mr Noir and always do, reviens vite, grand..... Nono la brocante
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